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  • : Miscellanées littéraires, philosophiques et scientifiques à but légèrement politique.

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 13:23

Nous avons peu écrit ces derniers temps car le traitement médiatique d'évènements gravissimes nous a comme qui dirait,  sonnés. La dernière ligne droite des élections approchant, nous pouvons revenir sur ce que l'on a appelé "L'affaire Merah".

Quelle catastrophe! Que d'erreurs et de stupidités prononcées. Car après un temps où on a rappelé qu'il ne fallait pas tirer sur des enfants, (dans le même genre de pensée  profonde on peut vous faire "la guerre c'est caca-boudin"), on a glosé sur le caractère monstrueux de Mohamed Merah.

Hélas non. Ce serait tellement reposant pour l'esprit de dire que cet individu est un être hors norme, comme exclu de l'humanité. Mais c'est l'échelle de valeurs que l'on nous impose qui l'a fabriqué. Les dernières images de ce personnage, passées en boucle sur les medias nous l'ont montré faisant le kéké avec sa BMW de location. Voila ce qu'il était Mohamed Merah, un type qui voulait faire le kéké. Comme il n'y a pas réussi, il a sombré dans le terrorisme soi-disant islamique, une façon rapide d'être reconnu. Sans doute eut-il été d'une autre souche ou d'une autre civilisation comme dirait Guéant, il aurait sombré dans le terrorisme d'extrême droite. Le résultat aurait été le même.

Et la vie humaine nous direz- vous? Mais cela fait belle lurette qu'elle ne vaut plus rien. Au lieu de disserter gravement sur la violence des jeux videos, qui ose s'élèver par exemple comme des émissions du genre Koh-Lanta où il faut écraser les autres, mentir, trahir,  pour gagner? Ou encore qui proteste massivement devant l'abandon du travail au profit du bling-bling, de la retape et de la facilité? Et surtout, qui a compris que c'est l'abandon des valeurs collectives pour un individualisme forcené qui produira sans doute d'autres Merah, et d'autres pseudo-confessions?

A ce titre, un peu de lecture sur ce sujet pourrait vous intéresser:147060

Comme le disait également Albert Jacquard, "Mieux vaut une réussite solidaire qu'une réussite solitaire". Voila le moyen le plus simple d'éviter de telles abominations.

Et si vous nous le permettez, deux dimanche très proches vous permettront  de dégager le parangon du bling-bling et de l'ère du vide. Ce sera un début. Il en va de notre survie en tant que société...

Par Le contributeur
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 09:44

L'excellent documentaire « Les Nouveaux chiens de garde » de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat tiré de l'ouvrage de Serge Halimi (1997), lui-même inspiré d'un pamphlet de Paul Nizan, « Les chiens de garde » (1932), est assez édifiant pour réussir à provoquer en nous les conditions de la nausée.

Illustration aujourd'hui.

Un article d'Edwy Plenel (9/02/2012 Mediapart) revient sur la controverse Guéant-Letchimy. Qu'y pointe-t-il ? L'improbable assentiment des journalistes de tous bords, Figaro, Nouvel Obs, France 2, TF1, Le Point, à l'idée de « dérapage » du député martiniquais. Guéant est sauf, l'héritier d'Aimé Césaire est tenu pour responsable d'une polémique dont les ressorts ne sont rien moins que la question : « Existe-t-il des civilisations inférieures à d'autres ? ». Posée autrement : « Existe-t-il des civilisations supérieures ? »

E. Plenel pointe le danger des conditions suffisantes à l'extrême droite. En dénonçant Serge Letchimy, en lui prêtant une sorte d'aveuglement passionnel, passionné, de sensiblerie issue des traumatismes de la colonisation, les journalistes, de droite mais aussi de gauche, contribuent à justifier la décomplexion idéologique des valeurs les plus puantes et la renaissance de questions dont on pensait – naïvement – que l'Histoire avait réglé leur sort.

Face au « bon sens » de Guéant, donc, le « député noir » a « dérapé ».
L'un efface l'autre.

Même partition pour la Grèce. On s'émeut d'une ville en feu. La colère est légitime, pas la destruction. Il faut préserver Athènes contre son propre peuple.
Même musique pour les mouvements sociaux. On se souviendra de Pujadas et du représentant syndical CGT de Continental...

Dans leur documentaire, Balbastre et Kergoat filment les multiples arrivées du gratin parisien au dîner du Crillon, Le Dîner du Siècle, chaque dernier mercredi de chaque mois. On y voit et les politiques, et les industriels,... et les médias représentés par leurs animateurs vedettes ou par leurs directeurs.

Tout est dit.

Il faut relire ce petit livre de Pierre Bourdieu, « Sur la télévision » suivi de « L'emprise du journalisme » (Raisons d'agir Editions).

Par Le contributeur
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 17:03

... qui ne risque pas de nous lire a priori, car nous ne terminons pas systématiquement nos phrases par "bâtard", "ta mère", "enc....." etc.

Pourtant tu devrais...

Tu devrais aussi lire Le Canard enchaîné.

D'accord, tu n'y trouveras pas de photos couleurs de Paris Hilton,

qu'elle est vachement bonne, (t'as vu, nous aussi on peut faire du Slam),

mais il y a des images dessinées qui aident à la compréhension du texte. Et puis le papier, c'est excellent pour allumer un feu, mais on en reparlera tout à l'heure.

Donc disions nous, tu devrais lire Le Canard enchaîné. Ainsi, tu y apprendrais que le Ritz, ce célèbre hôtel parisien rempli des peoples que tu envies, et qui va licencier ses 500 employés avec peu d'espoir de réembauche, a donné (ce n'est pas tout à fait le terme) un superbe dîner de réveillon qui coûtait, pour un convive, 2012 (clin d'oeil!) euros. Oui, tu as bien lu, 2012 euros, c'est à dire que ce repas représente un SMIG et demi. C'est le SMIG et demi que ne gagne sans doute pas Monsieur Belkadir, tu sais bien, ton voisin qui se lève depuis trente ans à 5 heures du matin tous les jours pour aller faire le travail que les français de souche ne veulent pas faire, et dont tu as brûlé la voiture au dernier réveillon. Ce n'est pas très gentil, surtout qu'avec son même pas SMIG et demi, Monsieur Belkadir a acheté la PS3XBOXWII avec laquelle son fils, et toi même parfois, jouent et qui te font t'évader, pour un bref instant, de ta triste vie sans perspectives dans ta cité.

Monsieur Belkadir ne s'appelle pas vraiment Belkadir, et la petite Raïssa non plus, mais par contre, on lui a bien brûlé sa voiture à Raïssa, la petite voiture d'occasion que son frère Omar lui avait acheté pour qu'elle puisse aller travailler.

Nous comprenons sincèrement ta révolte, toi le jeune de la cité, il y a des tas de raisons à tous ces évènements, le monde qui t'entoure n'est pas simple, ne nous confonds surtout pas avec Eric Zemmour, mais pouvons-nous nous permettre une modeste suggestion?

Pourquoi n'irais tu pas plutôt mettre le feu aux jolies voitures des convives du Ritz? Tu peux même venir avec ta bande du 9.3, ou ceux  du 9.2 ou du 8.5 aussi pourquoi pas. Tu verras, c'est comme dans Battlefied 3, mais c'est en vrai! En plus, tu ne crains rien, car à vous tous, après les suppressions massives de postes dans la Police, si vous venez à plus de deux, vous ne risquez pas grand chose.

250px-Hotel_Ritz_Paris.jpg

Et puis... CA SOULAGERAIT TOUT LE MONDE!

Penses-y...

 

 

Post-Scriptum: il n'est pas impossible que Monsieur Belkadir et Raïssa soient de futurs ex-employés du Ritz...

Par le-contributeur
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 19:08

     Un jour, un maître très âgé réunit ses élèves et leur dit : « nous allons faire une expérience ».

   De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux maître sortit un très grand récipient de verre, qu’il posa en face de lui. Il sortit ensuite une dizaine de gros cailloux et les plaça avec beaucoup de précautions, un par un, dans le grand pot.

   Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un seul caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda : « Est-ce que ce pot est plein ? »

   Tous répondirent : « Oui ».

   Le vieux maître attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? »

   Il se pencha alors de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux, puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux jusqu’au fond du pot.

   Le vieux maître leva à nouveau les yeux vers ses élèves et demanda : « Est-ce que ce pot est plein ? »

   Ses élèves commençaient cependant à comprendre son manège et l’un d’eux répondit : « probablement pas, Maître ! »

   « Bien ! » répondit-il. Il se pencha à nouveau et sortit de sous la table un récipient plein de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Et le sable remplit les espaces entre les gros cailloux et le gravier.

   Encore une fois, le vieux maître demanda : « Est-ce que ce pot est plein ? »

   Sans hésiter, en choeur, ses élèves répondirent : « Non, Maître ! »

   « Bien! » répondit-il. Et comme tous s’y attendaient, sans trop deviner comment il allait s'y prendre, il les surprit encore : il se saisit du pichet d’eau qui était sur la table et en versa l'eau dans le pot, jusqu’à ras bord.

 

     Le vieux maître leva alors les yeux vers ses élèves et demanda : « Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »

   Le plus audacieux de ses élèves prit la parole et dit : « cela démontre que même lorsque nous croyons que notre vie est déjà bien remplie, si nous le voulons vraiment, nous pouvons y ajouter encore plus de choses à faire ».

   « Non » répondit le vieux maître « ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si nous ne mettons pas les gros cailloux en premier dans le pot, nous ne pourrons jamais faire entrer tout le reste par la suite ».

   Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

   « Quels sont donc les gros cailloux de notre vie ? Et les plus petits ? »

 

   Auteur inconnu (révisé).

 

 

Par le-contributeur
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 21:37

 

ON PARLE DES EXPERTS

 

Nos connaissances ne trouvent plus leur somme. Trop diverses, sans doute.

Nos savoirs ont perdu leurs formes. Il est à craindre que nous ne sachions plus un jour que faire de la physique, de la sociologie, des mathématiques, de la psychologie, de l'anthropologie, de la biologie, de la génétique, de l'ethnologie, de la psychanalyse, de la chimie, que sais-je, de l'histoire même, tant qu'à l'épreuve de tous ces savoirs pas un philosophe n'exercera sa fonction d'éclaireur.


Mais pas un philosophe ne saura créer la langue universelle de tous ces savoirs.


Cette parcellisation à l'infini des connaissances a conduit à l'expertise. L'expertise c'est l'envers même de l'universalisme. Se revendiquer dans ces termes, c'est accepter la faillite de notre condition. Nous ne sommes plus bons qu'à intervenir dans les domaines de compétences qui sont les nôtres, en regard de l'expertise que la société veut bien nous reconnaître et qui procède des titres qu'elle nous décerne.

Être expert, c'est interdire la parole de l'autre qui n'appartiendrait pas au domaine d'expertise, mais c'est aussi s'interdire de parler d'autre chose que de soi, au-delà des limites qu'on nous reconnaît.

On voit bien comment le mode de hiérarchisation des savoirs aliène notre liberté d'agir et de penser.

On peut se demander si cette hiérarchisation des savoirs, ce contingentement des compétences ne nourrit pas la hiérarchisation des différences au sein des sociétés.

 

Il arrive parfois qu'un homme se commette au-delà de ses prérogatives. Edgar Morin a tenté une théorie de la pensée complexe. Aujourd'hui, Jorion.

Qu'en est-il advenu ?

Rien, si peu. La pensée complexe s'est peu à peu déportée dans la sphère marchande. Elle s'exprime dans la société capitaliste et met en jeu des forces contradictoires dont seules certaines ont les moyens de l'action.

L'économie s'est adjointe les forces mathématiques de la finance, les systèmes politiques inféodés à cette omnipotence de l'argent ont construit des fictions sociales, la culture enrégimentée sert des orientations politiques, la psychologie et la sociologie ne cessent de dénombrer ces effets « complexes », la littérature prend modèle.

 

Le constat dressé, posons à présent la question : d'où vient qu'aucun de nous, et a fortiori les intellectuels, ne relève cette faillite de la pensée ? Comment comprendre que l'on accepte en silence cette « externalisation » de notre pensée ?

 

A présent, la pensée nous coule entre les doigts comme du chocolat mou ou du sirop sucré, elle nous vient on ne sait d'où, - des images et des bavardages. Une pensée se forme qui n'appartient à personne, ne vient de nulle part en particulier. C'est quelque chose dans l'air qu'on reprend.

 

La faillite est là – plus qu'autre part.

Par le-contributeur
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